Mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs
Mesdames les députées, Messieurs les députés,
Mesdames et messieurs les Élu.e.s régionaux,
Madame, Monsieur,
Nous nous permettons de vous interpeller au sujet de l’évolution récente des priorités de VIVEA en matière de soutien aux formations professionnelles agricoles ; lesquelles écartent de fait de nombreuses offres axées sur l’agroécologie, l’indépendance technologique des agriculteurs et sur les alternatives visant à promouvoir une agriculture respectueuse de la biodiversité et de l’environnement.
En effet, depuis fin 2025, d’une manière assez brutale, sans concertation ni préavis, les élus de plusieurs régions contraignent VIVEA à ne plus financer certaines formations auparavant soutenues, au profit de choix qui nous interrogent et nous semblent discutables et pour tout dire même décalés avec l’attente sociétale, telle qu’elle semble se traduire à travers l’expression populaire et dans une récente étude institutionnelle.
Ainsi, la priorité que Vivea a été amenée à manifester vis-à-vis des formations obligatoires Certiphyto, qui, soyons honnêtes, sont en fait une aide proposée pour permettre aux agriculteurs de continuer à utiliser les pesticides en améliorant leur sécurité d’emploi. Ceci nous apparaît tout à fait dissonant vis-à-vis des attentes des 2,3 millions de signataires de la Pétition contre la Loi Duplomb qui ont traduit sans ambiguïté la volonté d’une nouvelle agriculture à taille humaine et moins dangereuse pour la santé publique.
Cette pétition a appelé une nouvelle agriculture à taille humaine et a largement signalé le rejet d’un modèle agro-industriel basé sur des systèmes hyper-dépendants tels que les fermes-usines et les mégabassines.
De la même manière, l’enquête de l’Office Français de la Biodiversité, « Les Français préoccupés par l’environnement » réalisée en mai 2025, démontre de manière spectaculaire que la préoccupation de 90% des Français pour la préservation de l’environnement, notamment en ce qui concerne, la pollution de l’eau (91 %), la destruction des forêts (89 %), la disparition d’espèces animales (87 %).
Cette préoccupation des Françaises et des Français n’est pas une lubie « d’écolo-parisiens » ou de « néo-ruraux extrémistes».
Elle ne souffre d’aucun clivage géographique : les habitants des zones rurales sont 93 % à penser qu’il faut renforcer la protection de l’environnement.
Toutes ces préoccupations populaires légitimes doivent se traduire par une politique volontariste et concrète de soutien à toutes les formations qui peuvent aider les agriculteurs à évoluer dans le sens attendu par la société française dans son écrasante majorité.
Or, aujourd’hui, de très nombreuses et nombreux candidats sont privés des enseignements et des stages de formations pour lesquels ils se sont inscrits avec intérêt et engagement ; ils en perdent le bénéfice pour lequel ils cotisent à la MSA, parfois depuis de nombreuses années.
Nous vous demandons par conséquent de reconsidérer rapidement cette orientation injuste et contre-productive pour la richesse et la diversité de l’agriculture française, qui met en péril des acteurs de la formation qui sont pourtant en phase totale avec
les enjeux agricoles et environnementaux d’aujourd’hui*.
Veuillez accepter madame monsieur l’expression de nos sentiments les meilleurs
* Des structures comme par exemple, l’Atelier Paysan ou les ADDEAR, voient certaines de leurs offres habituelles brusquement récusées comme « non prioritaires »
Le syndicat SIMPLES
