Des étudiants en agronomie interpellent Emmanuel Macron sur sa politique agricole

Tout est parti de quelques enseignants-chercheurs, attachés à une demi-douzaine d’écoles d’agronomie, de sciences politiques ou d’économie, et désireux de donner à leurs étudiants de master un sujet d’étude « concernant » et d’actualité : la mise en œuvre par la France de la prochaine Politique agricole commune (PAC), qui doit s’appliquer entre 2023 et 2027. Le résultat est une lettre commune, adressée lundi 20 décembre au président de la République, protestant contre le plan stratégique national (PSN) français – l’ensemble de mesures chargées de transcrire au niveau de chaque Etat membre de l’Union européenne (UE) la nouvelle PAC –, qui n’est « clairement pas à la hauteur des enjeux économiques, sociaux et environnementaux » de l’évolution du modèle agricole dominant. Celui-ci est largement structuré par la PAC, le plus gros programme de subventions publiques au monde. La quarantaine d’étudiants, futurs agronomes ou agronomistes ayant planché sur le sujet disent « ne pas pouvoir souscrire silencieusement aux propositions retenues dans le PSN français » et choisissent ainsi, quelques jours avant la présidence française de l’UE, d’interpeller directement le chef de l’Etat. Cette adresse intervient alors que la France doit soumettre, mercredi 22 décembre, son PSN à la Commission européenne. Elle s’inscrit en droite ligne d’une série de critiques sévères, portées par les avis et expertises d’instances consultatives officielles et par les communautés scientifiques compétentes.

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Libérons l’eau de la Bourse!

Gonflé par le succès de la tribune contre les méga-bassines (voir article ci-dessous) organisée par le collectif Bassines Non Merci (BNM), la Confédération Paysanne et les Soulèvements de la terre, l’Agora des Habitants de la Terre, présidé par Riccardo Petrella, organise une action le 7 décembre, place de la Bourse à Paris. Objectif: libérer l’eau de la bourse et de toute forme de marchandisation!
Afin que cette action prenne une ampleur considérable, SIMPLES se joint à de nombreuses organisations, mouvements et associations pour lancer la pétition « LIBÉRONS L’EAU DE SON ENTRÉE EN BOURSE POUR QU’ELLE DEVIENNE UN COMMUN PUBLIC MONDIAL » et ainsi recueillir le plus grand nombre de signataires avant le 7 décembre 2021.

Voir le teaser de l’appel à manifester réalisé par BNM

Signer la pétition LIBÉRONS L’EAU DE LA BOURSE

SIMPLES signataire de la Tribune – Stoppons les méga-bassines pour partager et préserver l’eau

Dans le Poitou-Charentes, des coopératives agro-industrielles tentent de faire main basse sur l’eau dans le but de prolonger un mode de production destructeur du vivant et dont il est aujourd’hui urgent de s’affranchir. 93 « méga-bassines » dont plus d’une dizaine dans le Marais poitevin – deuxième plus grande zone humide en France – risquent d’être érigées dans les trois prochaines années. Ces énormes cratères plastifiés de 5 à 15 hectares sont le dernier artifice de l’agro-industrie pour concilier raréfaction accrue de la ressource en eau et maintien de l’irrigation intensive.

Les Soulèvements de la terre, Bassines Non Merci (BNM) et la Confédération Paysanne signent avec plus de 240 personnes une tribune de soutien aux actions contre les méga-bassines et exigent un arrêt immédiat de ces projets, à commencer par celui des 16 bassines du projet Sèvre Niortaise – Mignon. (source: le monde)

Lien vers la tribune

Rejoignez la prochaine mobilisation les 26 et 27 mars 2022!

Positionnement des paysans distillateurs des réseaux de l’agriculture biologique face à l’évolution de la réglementation REACH

REACH, la règlementation européenne concernant les produits chimiques, est arrivée en réaction à de nombreux problèmes de santé publique liés à des toxicités importantes de produits de synthèses s’accumulant dans les organismes. Instaurée à l’origine pour protéger les consommateurs et plus largement l’environnement, chose très positive, les évolutions prévues pourraient aujourd’hui mettre en danger les huiles essentielles.

En effet lors de la mise en place de la réglementation REACH, les huiles essentielles ont été inclues et placées au même niveau que les produits de synthèse. Or il s’agit de produits naturels qui, bien que pouvant être toxiques en quantités inadaptées, ne présentent pas les mêmes dangers pour l’humain et son environnement. Par conséquent, les stratégies actuelles de renforcement de l’ensemble des règles concernant les produits chimiques impactent les huiles essentielles, même si elles ne sont pas visées directement.

La différence entre une molécule naturelle et une molécule de synthèse est colossale puisqu’une molécule naturelle, issue d’une plante, ne peut pas s’accumuler dans les organismes (aucun cas connu à ce jour). Contrairement à beaucoup de molécules de synthèse qui s’accumulent dans l’environnement, elle est facilement biodégradable car elle est reconnue par le métabolisme vivant dont elle est issue.

Une huile essentielle est constituée exclusivement de composants aromatiques volatiles, élaborés par les plantes grâce à la photosynthèse. En cela, une huile essentielle n’est pas seulement un ensemble plus ou moins complexe de composants aromatiques qu’il serait éventuellement possible de reconstituer, mais bien une entité biologique dont la composition relève d’une synergie vivante opérée par la nature.

Au niveau des paysans distillateurs, elle doit être botaniquement et biochimiquement connue, grâce à des analyses chromatographiques. Elle est renseignée par une littérature scientifique et de vulgarisation abondante fournie par des pharmaciens, médecins et ethnobotanistes. De plus, elle est encadrée par des législations complexes (médicaments, denrée alimentaire, cosmétiques, parfums d’ambiance) nationales et européennes1.

Le monde de la phytothérapie et de l’aromathérapie suscite un engouement certain de par son potentiel dans le domaine médical, ses bienfaits incontestables pour notre santé et sa dimension naturelle. Il déborde largement le domaine de la santé pour s’inviter dans le maintien de la biodiversité, l’économie rurale, la valorisation des paysages, et la durabilité des ressources.

Notre pays possède une longue tradition d’usages et de maîtrise de la phyto-aroma-thérapie ; elle est arrivée actuellement à une maturité caractérisée par la connaissance des principes actifs, des modes d’action, des indications et de leurs limites. Elle est sécurisante, car très rarement mise en cause dans les problèmes de toxicité et de pharmacovigilance.

L’objectif de la réglementation REACH est de protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques liés aux substances chimiques et non pas de faire disparaitre des petites entreprises agricoles et artisanales, au profit de filières industrielles et de la chimie de synthèse.C’est pourquoi nous refusons l’amalgame fait entre molécule naturelle et molécule de synthèse, qui met nos professions en danger à travers une législation inadaptée.

Nous, paysans distillateurs des réseaux de l’agriculture biologique (Syndicat des SIMPLES, Fédération des Paysans Herboristes, FNAB et MABD) partageons l’inquiétude de nos collègues de PPAM de France à propos des conséquences sur les huiles essentielles de la révision de la règlementation REACH et soutenons leur demande pour l’élaboration d’une approche spécifique aux huiles essentielles, garantissant également la sécurité du consommateur et la protection de l’environnement.

En ce sens , nous considérons que la reconnaissance des huiles essentielles couramment utilisées et référencées actuellement comme traditionnelles par la DGCCRF en tant que compléments alimentaires, puisse être une base de référence pour reconnaitre leur statut de produit naturel.

Signataires : Syndicat des simples, Fédération des Paysans Herboristes, Fédération Nationale d‘Agriculture Biologique, Mouvement de l’Agriculture-Bio-Dynamique.

1cf tableau page 65 rapport du sénat sur les métiers de l’ herboristerie, septembre 2018