
Malgré le rejet par les populations européennes des plantes issues de manipulations génétiques, l’intense pression des multinationales des biocides et des semences sur les institutions a fini par payer. Leur objectif : prendre le contrôle total de notre alimentation à partir des semences en privatisant le vivant.
Dans la nuit du 3 au 4 décembre, l’accord provisoire formulé en réunion de trilogue (Parlement, Conseil et Commission européenne) autorise la manipulation génétique pour modifier profondément le génome d’une plante (jusqu’à vingt modifications génétiques) et la dissémination de la plupart de ces plantes en plein champ. Le tout en s’affranchissant du principe de précaution (cf l’avis de l’Anses du 6 mars 2024), du risque de la pollution génétique irréversible que cela va engendrer, et en s’exonérant du principe d’information pour le consommateur par l’absence d’étiquetage dans les produits finaux. Avant même que la réglementation soit éventuellement ratifiée en avril prochain, déjà plus d’une centaine de demandes de brevets pour des NGT a été déposée par le géant étasunien de la chimie Corteva, né de la fusion de Dow et Dupont, et le groupe Limagrain, instaurant un péage sur le vivant. Tout cela crée une insécurité maximale pour l’ensemble de la population mondiale.
Cette décision a été prise dans l’espoir insensé qu’une « graine magique » permettrait de s’affranchir de la réalité des bouleversements biologiques et climatiques sur les cultures. Elle s’accompagne du projet bien concret de ces mêmes multinationales de vendre des biocides. Cette décision est une fuite aveugle vers l’abîme. Elle est l’expression funeste d’une illusion de maîtrise : la guerre contre le vivant pour l’artificialiser est perdue d’avance pour l’humanité.
Elle va priver définitivement tous les agriculteurs de la maîtrise de leurs choix de cultures.
C’est toute l’agriculture paysanne et biologique qui est menacée, et plus globalement c’est tout l’avenir de l’agriculture qui est en jeu face à l’érosion génétique des plantes cultivées et à l’effondrement de la biodiversité.
Plutôt que de jouer aux apprentis-sorciers, il serait plus avisé de se tourner vers des alternatives qui permettent d’améliorer les semences : celles qu’offre la sélection en plein champ de semences variétés populations, par les agricultrices et agriculteurs eux-mêmes, épaulés par les connaissances scientifiques. Des populations de plantes véritablement robustes adaptées à chaque terroir, capables de faire face aux défis biologiques et climatiques à l’œuvre





