Les États membres de l’UE approuvent la déréglementation des OGM obtenus par NTG : une erreurstratégique pour la souveraineté alimentaire et semencière de l’Europe

DECLARATION DE LA VIA CAMPESINA

Lors de la réunion du COREPER qui se tenait aujourd’hui, une majorité d’États membres de l’UE ont approuvé l’accord de trilogue sur la déréglementation des OGM végétaux obtenus par nouvelles techniques génomiques (OGM-NTG). Cet accord ignore les inquiétudes des agriculteur.rice.s et des petites et moyennes entreprises semencières sur les brevets, les droits des agriculteur.rice.s sur les semences, la protection des secteurs
biologiques et sans OGM, le droit des consommateur.rice.s à l’information et les risques pour la santé humaine et l’environnement. Un groupe de 8 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) a reconnu ces préoccupations légitimes et n’a pas soutenu ce texte dangereux.


La Coordination européenne Via Campesina (ECVC), qui représente les petit.e.s et moyen.ne.s paysan.ne.s, dénonce une erreur stratégique des Etats membres, mettant en danger la souveraineté alimentaire et semencière de l’Europe ainsi que l’avenir de l’agriculture européenne. Cet accord ne profitera qu’à une poignée
de grandes entreprises semencières titulaires de brevets, réduira l’agrobiodiversité, augmentera les prix des semences pour les paysan.ne.s et trompera les consommateurs.rice.s en supprimant l’étiquetage des produits finaux. Le récent accord provisoire résultant du trilogue n’a apporté aucune réponse aux nombreuses questions soulevées par la proposition législative sur les OGM-NTG. En l’absence d’exigences en matière de traçabilité pour les cultures et les produits et d’obligation de publier les méthodes de détection et d’identification, les agriculteur.rice.s et les producteur.rice.s de semences traditionnel.le.s ne bénéficieront d’aucune protection en cas de contamination accidentelle ou de poursuites pour contrefaçon de brevet, y compris lorsque la portée des brevets s’étend de manière abusive aux caractères natifs présents dans les semences traditionnelles.


L’accord de trilogue final ignore totalement la position forte adoptée par le Parlement européen, qui a reconnu en février 2024 que les brevets sont néfastes pour les agriculteur.rice.s et les petites et moyennes entreprises semencières européen.ne.s, et a appelé à une restriction de la portée des brevets sur les OGM-NGT, pour prévenir leur extension abusive aux semences et aux caractères obtenus par des procédés de sélection conventionnels non brevetables.


« L’approbation de cette déréglementation ne repose que sur des promesses creuses concernant la prétendue durabilité des cultures NTG, qui ne sont étayées par aucune preuve scientifique ni par leur disponibilité sur le marché », a déclaré Alessandra Turco du Comité de coordination d’ECVC. « L’unique motivation derrière cette proposition est d’imposer le modèle du brevet en Europe, obligeant les agriculteur.rice.s à acheter des OGM brevetés chaque année et permettant la privatisation de toutes les semences, y compris des semences traditionnelles et paysannes. Ces deux derniers jours, les agriculteur.rice.s manifestaient pour défendre leurs revenus, menacés par l’accord de libre-échange UE-MERCOSUR. Forcer les agriculteur.rice.s à acheter des OGM-
NTG brevetés n’améliorera en rien leur situation économique, au contraire, cela menacera gravement les secteurs sans OGM et biologiques, qui sont bien établis en Europe ».

La proposition n’est pas encore adoptée : l’accord provisoire doit encore être approuvé par le Parlement européen début 2026. ECVC appelle tou.te.s les député.e.s européen.ne.s à voter dans l’intérêt des citoyen.ne.s, des agriculteur.rice.s, des petites et moyennes entreprises semencières et des autres opérateur.rice.s du secteur sans OGM et biologique, et à rejeter cet accord néfaste.

Le signal politique fort envoyé par le Parlement européen sur les brevets n’a pas été respecté dans l’accord final, qui ne contient que des promesses symboliques et non contraignantes : la seule option est de le rejeter.

Plus d’infos ICI

La nouvelle carte de l’herboristerie engagée ! 

Cette carte collaborative en ligne réunit pour la première fois en France, les producteurs et cueilleurs de plantes aromatiques et médicinales, les herboristeries de comptoir, les praticien.ne.s en herboristerie ainsi que les formations de qualité.

Née d’une volonté commune des réseaux de l’herboristerie, elle valorise des pratiques exigeantes et respectueuses du vivant, des plantes et des humains. Déjà, plus de 400 adresses y sont répertoriées et validées selon des critères de qualité définis par la profession.

Un outil inédit, à la fois pratique pour le grand public et fédérateur pour notre filière.

Allez y faire un tour, la carte est accessible en ligne ici : https://herboristes.gogocarto.fr/

La carte est le fruit d’un travail collectif entre : La Fédération des Écoles d’Herboristerie, l’Association des Herboristeries de France, la Guilde des Praticien.ne.s en Herboristerie, le Syndicat Simples, la Fédération des Paysan.ne.s Herboristes et l’Association Française des Professionnels de la Cueillette de Plantes Sauvages.

🌱 Une belle avancée pour valoriser des pratiques respectueuses du vivant, des plantes et des humains.

COMMUNIQUE: OGM/NTG:l’Europe capitule sur le dos de ses habitant·e·s.

Communiqué du comité exécutif de Graines de liberté- Hadoù ar frankiz

Malgré le rejet des populations européennes, l’intense pression des multinationales des biocides et des semences sur les institutions a fini par gagner. Leurs objectifs : prendre le contrôle total de notre alimentation par les semences, et privatiser le vivant.

Les institutions européennes dans la nuit du 3 au 4 décembre ont capitulé. En réunion de trilogue (Parlement, Conseil et Commission européenne) elles ont autorisé la manipulation génétique pour modifier le génome d’une plante dans la sélection de nouvelles variétés (jusqu’à vingt modifications du génome1), et leur dissémination en plein champ. Le tout en s’affranchissant du principe de précaution (cf voir l’avis de Anses du 6 mars 20242), du risque de la pollution génétique irréversible que cela va engendrer et en s’exonérant du principe d’information pour le consommateur par l’absence d’étiquetage dans les produits finaux.
Prise dans l’espoir insensé qu’une « graine magique » permettrait de s’affranchir de la
réalité des bouleversements biologiques et climatiques sur les cultures, cette décision est une fuite aveugle vers l’abîme. Elle est l’expression une illusion funeste : non, ces technologies n’empêcheront pas les pathogènes de muter plus vite que les molécules inventées pour les éradiquer. La guerre contre le vivant et son artificialisation est perdue d’avance.
Elle prive à terme tous les agriculteurs de la maîtrise de leur choix de culture. Travailler avec le vivant, sans le privatiser, telle est la politique de la coopérative semencière Graines de liberté Hadoù ar frankiz en Bretagne. L’enjeu étant la sélection en plein champ, à partir de variétés populations, par les agricultrices et agriculteurs eux mêmes avec l’aide de connaissances scientifiques, des variétés véritablement robustes dans les territoires, capables de faire face au défi biologique et climatique à l’œuvre.

Nous sommes et restons aux côtés de tous ceux qui luttent contre les OGM, de tous ceux qui cherchent à mieux comprendre le vivant et ses interactions, sans le réduire a une séquence ADN .

Plus que jamais déterminés.

Le comité exécutif de Graines de liberté- Hadoù ar frankiz,
le 12 décembre 2025

1 Au delà elles seront soumise à la réglementation sur les OGM
2 https://www.anses.fr/fr/content/nouvelles-techniques-genomiques-lanses-appelle-une-reglementation-adaptee

La carte collaborative de l’herboristerie engagée et de qualité

La Carte des professionnel·le·s et des formations de l’herboristerie est en ligne !

Cette carte est un projet collectif né d’une volonté commune : mettre en lumière les professionnels de l’herboristerie et les formations associées, sérieux, exigeants et respectueux de la plante, de l’humain et du vivant.

Elle est le fruit d’un travail collaboratif entre les grands réseaux de l’herboristerie en France : la Fédération des Écoles d’Herboristerie,  l’Association des Herboristeries de Francela Guilde des Praticiens en Herboristeriele Syndicat Simplesla Fédération des Paysan.ne.s Herboristes et l’Association Française des Professionnels de la Cueillette de Plantes Sauvages.

Pourquoi s’inscrire ?

> Se rendre visible auprès du grand public

> Connaître les professionnel.le.s près de chez soi

> Rejoindre une dynamique collective engagée et de qualité

> Soutenir la reconnaissance de nos pratiques et de nos métiers

Qui peut s’inscrire sur la carte ?

Vous avez une pratique exigeante et respectueuse de la plante, de l’humain et du vivant?

et vous êtes :

– Producteur·trice ou cueilleur·euse de plantes ou

– Praticien·ne en herboristerie (conseils, ateliers…) ou

– Herboristerie de comptoir ou

– École ou formation en herboristerie?

Alors, vous êtes le/la bienvenu.e sur cette carte!

Lisez bien la charte avant de vous inscrire, tout y est expliqué! https://herboristes.gogocarto.fr/ (onglet “charte”)

Partagez !

Rejoignez la dynamique collective pour rendre plus visible et accessible l’herboristerie de qualité! Vous connaissez d’autres professionnel·le·s? Transmettez-leur ce mail pour qu’ils s’inscrivent aussi!  herboristerie.engagee@gmail.com

Tribune REPORTERRE «Écologistes : l’épuration qui vient»

Crédit photo © Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Journaliste, Nicolas Legendre a reçu en 2023 le prix Albert Londres pour son livre Silence dans les champs (éd. Arthaud), résultat de sept ans d’enquête sur l’agro-industrie bretonne. Il signe ici une tribune sur le contexte politique tendu qui tend à désigner les écologistes comme bouc émissaire.

La désignation de plus en plus forte des écologistes comme ennemis de l’agriculture et de la nation française préfigure une potentielle épuration, prévient le journaliste Nicolas Legendre dans cette tribune.

Voilà des mois que le contexte politique, en particulier le champ de bataille que sont devenues l’agriculture et l’écologie, me hante. Pour ne pas rester sans rien faire, j’ai écrit un texte qui, je l’espère, contribuera à éclairer les dynamiques fétides actuellement à l’œuvre.

En octobre dernier, un couple d’éleveurs bretons m’a raconté comment leur fille adolescente, durant ses études agricoles, a été moquée et dénigrée par des camarades de classe. Parce que ses parents sont des « bios », elle était, aux yeux de quelques-uns, la « sale pute d’écolo » (sic).

Le 8 décembre, la ministre de l’Agriculture française a déclaré dans un discours : « Nous devons lutter contre les tentations de la décroissance portées par quelques thuriféraires du décadentisme.[…] Chaque fois que je dis ces deux mots, “produire plus” il y a toujours quelqu’un pour me dire “ah le productivisme, ah la malbouffe”. C’est une trahison de la nation que cette malhonnêteté intellectuelle là. »

« Nous devons leur faire la peau »

Le 19 novembre, le nouveau président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole français, déclarait publiquement : « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. »

En mars 2025, une vidéo « humoristique » était diffusée lors de l’assemblée générale des Jeunes agriculteurs de la Manche, syndicat affilié à la FNSEA, en présence du préfet de département. On pouvait y voir un agriculteur excédé par la visite dans sa ferme d’un agent de l’« Office du complot de la biodiversité ». Le fonctionnaire finissait assassiné à coup de pelle et enterré à la hâte.

Je pourrais multiplier les exemples. Pour certains, en France, les « écologistes » sont devenus des ennemis à abattre. Non pas seulement des adversaires politiques, mais des ennemis. Que l’on compare aux pires dictateurs sanguinaires (talibans, ayatollahs, khmers). À qui l’on peut promettre la mort sans que cela déclenche l’activation de quelque cellule gouvernementale.

C’est ainsi que commencent les épurations — j’assume ce mot. C’est ainsi, du moins, que les épurations ont commencé, dans d’autres contextes.

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