3ème Colloque PAM en Biovallée – 14 & 15 mars 2024 – Eurre (26)

LES PLANTES À PARFUM AROMATIQUES ET MÉDICINALES À L’HEURE DES TRANSFORMATIONS ENVIRONNEMENTALES ET SOCIÉTALES : QUELLES ADAPTATIONS NÉCESSAIRES POUR UNE FILIÈRE SOUHAITABLE ?

L’association Biovallée organise le 3ème colloque de plantes à parfum aromatiques et médicinales les 14 & 15 mars 2024.

Il réunira comme en 2020 et en 2022, tous les acteurs de la filière au cœur de la Drôme à Eurre.

 Cette année, il vous sera proposé d’explorer les solutions d’adaptations de la filière aux transformations environnementales et sociétales.

 Le colloque réunira pendant deux jours une vingtaine d’intervenants qui donneront matière à réflexion et à débattre lors des tables rondes qui concluront chacune des journées.

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Ce colloque sera suivie d’une projection du Film « SIMPLES » de Quentin Herlemont à 18h30 au Cinéma de l’Eden à Crest.

Synopsis: Depuis 40 ans en France, celles et ceux qu’on appelle les « Simples », cueillent et produisent des  plantes médicinales sauvages ou cultivées un peu partout en France – A travers leur quotidien nous rencontrons différentes manières de produire et de penser les plantes en même temps que nous découvrons les luttes incessantes que mène le syndicat SIMPLES pour défendre leurs pratiques et défendre plus largement la nature.

Pour les droits du fleuve TAVIGNANU

le Fleuve Tavignano à encore et toujours besoin de votre aide vous pouvez le soutenir avec cette pétition :et également celle-ci qui soutient une action actuellement en cours au niveau européen

Le fleuve Tavignanu est le deuxième fleuve de Corse, prenant sa source au- dessus du lac de Ninu à 1.743 mètres d’altitude passant par Corte jusqu’à la mer près d’Aléria, 

Il se trouve aujourd’hui menacé par l’exploitation d’un centre d’enfouissement technique (CET) de déchets ménagers et assimilés, de déchets amiantés et de terres amiantifères, situé dans un méandre du fleuve, sur un terrain très instable et potentiellement amiantifère; qui n’est absolument pas pertinent pour accueillir une telle installation ! il s’agit d’une menace de catastrophe irréparable pour le fleuve Tavignanu, pour sa biodiversité et pour ses populations locales;

Il constitue un véritable joyau biologique tout le long de son cours et avec ses étangs qui se situent à proximité de son embouchure (Diana, Terrenzana et Del Sale), 

Sa basse vallée a été classée en zone NATURA 2000 pour la protection de des plantes rares telles que le gattilier le Sérapias à petites fleurs et la spiranthe d’été, et des espèces animales protégées et menacées telles que l’alose feinte, l’escargot de Raspail, le Murin à oreilles échancrées, la tortue d’Hermann, la Cistude d’Europe, etc.

Le fleuve Tavignanu permet non seulement d’approvisionner en eau potable une grande partie de la côte orientale, mais il joue un rôle essentiel depuis l’Antiquité pour les activités agricoles, la sylviculture et la pêche, la cueillette et depuis des décennies il est un élément indispensable pour l’écotourisme (kayak, la baignade et la randonnée)

Le collectif Tavignanu Vivu, UMANI et l’association Terres de Liens Corsica – Terra di u Cumunu, ainsi que de nombreux élus et citoyens, ont fait la déclaration en 2021 et un appel à son soutien par une pétition :

« Le fleuve Tavignanu est une entité vivante et indivisible de sa source jusqu’à son embouchure, délimitée par son bassin versant, et dispose de la personnalité juridique.

En tant que personne juridique, le fleuve Tavignanu possède les droits fondamentaux suivants : 

–  le droit d’exister, de vivre et de s’écouler; 

–  le droit au respect de ses cycles naturels;

–  le droit de remplir ses fonctions écologiques essentielles;

–  le droit de ne pas être pollué;

–  le droit d’alimenter et d’être alimenté par des aquifères de manière durable; –  le droit au maintien de sa biodiversité autochtone;

–  le droit à la régénération et à la restauration;

–  le droit d’ester en justice Merci de soutenir cette initiative qui est une première en France et espérons-le sera suivie largement ailleurs. La question de l’eau est vitale !

Le thème de la fête des Simples 2024 est justement l’eau, nous remonterons le Bassin de la Loire vers les sources de la Vienne entre le 21 septembre et le 6 octobre, le communique de presse est imminent ….

pour les Simples, Thierry Thevenin

Position et appel du syndicat SIMPLES et de l’AFC suite au mouvement agricole

Nous, paysan.ne.s, producteur.ice.s de plantes aromatiques et médicinales, cueilleur.euse.s, membres du Syndicat SIMPLES et de l’AFC, voulons faire entendre notre voix et nous joindre au mouvement agricole actuel portant sur les revendications pour un revenu digne et la reconnaissance de nos métiers agricoles.

Oui, il est important de rappeler que nombre d’entre nous ne vivent que de peu et que nous ne bénéficions que de très faibles soutiens des politiques agricoles, tournées vers les plus grosses exploitations et pour des objectifs de compétitivité internationale, à l’opposé du modèle que nous défendons : un ensemble de fermes à échelle humaine, ancrées sur des dynamiques de territoire.

Oui, nous subissons aussi de plein fouet le contexte économique qui n’a pas arrangé les situations des producteurs et productrices de notre réseau. Les marges sur nos produits sont de plus en plus faibles et il n’est plus soutenable d’absorber les coûts de l’absurdité inflationniste, d’autant plus que nos revenus sont en grande partie issus de le vente de nos produits et non des aides PAC, contrairement aux grandes exploitations agricoles françaises.

Oui, le changement climatique impacte aussi nos terres, nos productions, nos récoltes et nos économies et nous nous adaptons comme nous le pouvons, avec la conviction que les enjeux environnementaux sont plus que prioritaires.

Oui, comme pour beaucoup, nous devons exercer notre métier dans un cadre réglementaire fait par et pour les industriels qui est totalement inadapté à nos pratiques, parfois de manière ubuesque et contribue à accentuer la précarité de nos activités.

Oui, nous exigeons un changement radical de vision pour l’agriculture de demain si nous voulons répondre aux enjeux vitaux de la préservation de notre planète dont l’urgence n’est plus à démontrer.

Nous, cueilleur.euse.s, producteur.rice.s, paysan.ne.s-herboristes, sommes parmi les spectateurs les plus directs et les plus démunis de l’accélération de la perte de biodiversité, de la dégradation des sols et des pollutions dont les conséquences sur l’environnement et la santé sont dramatiques pour tous.

Nous ne pouvons que nous associer au mal-être exprimé par les agriculteurs en France et en Europe au regard de la difficulté de vivre décemment de nos métiers. Cependant, nous souhaitons porter une voix tout autre que les syndicats majoritaires sur le sujet, et le faire entendre bien fort, en soutien aux revendications de la Confédération Paysanne et de France Nature Environnement pour une agriculture plus durable et juste:

  • Nous revendiquons le droit d’exercer notre travail dignement et exigeons que le gouvernement français et la Commission Européenne se positionnent sur les accords de libre-échange, pour faire pression sur les marchés et empêcher que l’agrobusiness dicte ses lois;
  • L’Agriculture Biologique doit être soutenue pour l’avenir de tous, pas seulement les agriculteurs. Nous avons besoin de protéger nos productions du greenwashing et des épandages d’intrants et de pesticides. Nous défendons fermement l’idée d’une agriculture vivante, en circuit court, favorisant la biodiversité, exempte d’OGM.
  • L’effort pour amorcer ce changement radical doit passer par la formation et l’accompagnement des agriculteurs pour la transition des techniques de production vers des pratiques plus vertueuses. L’État français et l’Union Européenne doivent renforcer les aides à l’installation/conversion agricole de paysans et paysannes dans des démarches agrobiologiques.
  • Nous nous opposons fermement à toute atteinte à la protection de l’environnement et exigeons de ne pas faire marche arrière sur les questions fondamentales, que sont la préservation des zones humides, la protection de la ressource en eau et de la biodiversité. Nous demandons que soit garantie l’indépendance des services de police de l’environnement.
  • Nous demandons des moyens humains et financiers conséquents en faveur d’aides et de subventions pour soutenir un maillage local fort et dynamique. À ce titre les aides de la PAC doivent prendre en compte, en priorité, le soutien à la rémunération des actifs, avant les primes à la surface, qui génèrent une fuite en avant vers le grossissement des fermes et la désertification des campagnes.

Nous attendons que le gouvernement s’organise et soutienne la transition agricole, sociale, culturelle et économique déjà à l’œuvre dans de nombreuses fermes. Nous refusons que soient « allégées » les mesures adoptées en faveur du développement de la biodiversité dans le monde agricole, elles doivent être soutenues et accompagnées ! Il en va de notre avenir à tous !

Le syndicat SIMPLES a fait la preuve depuis 40 ans, que des alternatives au productivisme sont possibles dans un esprit de partenariat bienveillant et fructueux avec notre environnement, de sobriété et de protection des écosystèmes. Ce modèle a prouvé sa pertinence et nous le défendrons coûte que coûte.

Aujourd’hui, nous avons besoin du soutien de l’État pour défendre nos métiers.

Nous appelons nos adhérent.e.s et tous les petit.e.s producteur.rice.s et cueilleur.euse.s de plantes aromatiques et médicinales en France, à se joindre au mouvement porté par la Confédération Paysanne localement et à manifester leur soutien pacifiste en portant les revendications qui sont les nôtres.

Le syndicat SIMPLES et l’Association Française des Cueilleurs professionnels

* Syndicat Inter-Massifs pour la Production et l’Économie des Simples ** Association Française des Cueilleurs professionnels

Retour du comité interministériel pour REACH

Pour rappel, lors de la mise en place de REACH*, les huiles essentielles ont été incluses et placées au même niveau que les produits de synthèse. Le syndicat (Jean-François Roussot pour SIMPLES et Claire Montesinos pour la FPH) participe donc aux réunions interministérielles pour suivre le dossier et faire reconnaître leur statut de produit naturel.

« Lors du dernier comité interministériel pour REACH et CLP qui a eu lieu le 14 septembre, le point a été fait sur la position de l’Europe dans le cadre du nouveau pacte vert européen: la Commission Européenne s’est positionnée sur la question du règlement CLP (étiquetage, packaging, problème d’allergène, perturbation endocrinienne…etc.) et une exemption a été proposée par la commission environnement présidée par Benoit Bitaud (député européen vert) pour retirer les huiles essentielles de cette réglementation pour les 4 ans à venir.

Les argumentaires sur le fait que l’HE n’est pas un ensemble de molécules, mais un totum actif en tant que tel ont vraiment pesé sur la décision européenne. Le parlement européen devrait donc entériner cette proposition prochainement. Ce qui serait une très bonne nouvelle pour les distillateurs !

Il faudra tout de même rester vigilant, car la menace d’un retour en arrière dans 4 ans s’il y a le moindre incident d’ici là reste envisageable. D’autre risque comme la tendance à vouloir limiter certaines HE en vente directe (HE à phénol, à camphre, méthyle chavicol, etc.) ou un possible élargissement des HE sous monopole pharmaceutique peuvent également être à craindre.Il faut donc rester prudent dans nos façons de travailler et de conseiller les huiles essentielles.

Concernant REACH, le CIHEF travaille sur la question qui concerne plutôt les distilleries de plus de 1 tonne, avec le problème d’augmentation des coûts de mise aux normes que cela engendrerait.

Pour information, une demande de reconnaissance des HE comme « substance essentielle » est en cours par le CIHEF. On ne va pas encore faire la révolution, mais on en parle… »

Jean François Roussot.

*La fabrication, l’importation, la mise sur le marché, l’utilisation et le transport des substances chimiques, sont soumis à une série de réglementations, dont les 2 principales sont : le règlement européen « REACH » qui a mis en place un système unique d’enregistrement (Registration), d’évaluation (Evaluation) et d’autorisation (Autorisation) des substances chimiques (CHemicals)

le règlement européen « CLP » relatif à la classification (Classification), l’étiquetage (Labelling) l’emballage (Packaging) et des substances et mélanges.

Ruth Stégassy, journaliste et animatrice de 2001 à 2016 de l’émission Terre à terre, a réalisé une série de Podcasts sur les membres du syndicat SIMPLES pour vous permettre de venir à la rencontre du monde foisonnant des plantes à travers la parole de ceux qui les côtoient au quotidien.

Dans ce premier épisode, elle vous propose d’aller à la rencontre de Pierre Lieutaghi pour entendre ses paroles toujours pleines de sagacité sur « le blues de l’expert » !

À ÉCOUTER ICI  » Le blues de l’expert  » avec Pierre Lieutaghi