Application brutale d’un règlement européen sur le chanvre : mise à mort de la production agricole française

Communiqué de la confédération paysanne sur l’interdiction du chanvre en alimentaire

Le Ministère de l’Agriculture a décidé, sans concertation, d’appliquer le règlement européen « Novel Food » au chanvre et à l’un de ses composants, le CBD. Cette décision supprime ainsi toute possibilité pour les producteur·rices français·es de vendre ces produits pour des usages alimentaires, à partir de la mi-mai.

Les orientations actuellement portées par la DGAL* font donc peser une menace directe sur la filière chanvre. En fragilisant les débouchés alimentaires, ce sont des centaines de producteur·rices, de paysan·nes, de fermes diversifiées, de circuits de commercialisation en cours d’installation et de projets en circuits courts qui se retrouvent aujourd’hui en danger.

A l’heure où la souveraineté nationale est mise en avant, pourquoi une telle volonté de saborder une production française de qualité, et pour l’essentiel certifiée bio ? La Confédération paysanne alerte : ce qui se joue ici dépasse largement le seul sujet du chanvre. C’est la reconnaissance même d’une production agricole et sa capacité à être transformée et valorisée à la ferme qui sont remises en cause. Une fois encore, les paysan·nes risquent d’être écarté·es au profit de modèles plus industrialisés et concentrés. En effet, les dérogations au règlement « Novel Food » sont particulièrement coûteuses et exigent un dossier technique lourd à constituer, ce qui favorise les industriels disposant de moyens financiers et juridiques importants.

La Confédération paysanne défend une ligne claire : l’ensemble des produits du chanvre doivent être reconnus comme des produits agricoles, issus d’une plante cultivée, transformée et valorisée dans les territoires. Les décisions prises actuellement n’empêcheront pas les industriels de s’approprier le marché mais signent la mort des petit·es producteur·rices.

Face à l’urgence, la Confédération paysanne demande :

– la suspension des mesures brutales de la DGAL* d’interdire le chanvre comme produit alimentaire ;

– la sortie du chanvre du règlement européen « Novel Food », à défaut c’est prendre le risque de conférer le monopole de cette filière émergente aux industriels ;

– l’ouverture d’une concertation nationale avec les producteur·rices et leurs organisations.

Nous appelons les chanvrier·es, les paysan·nes, les consommateur·rices, les élu·es et les collectivités à se mobiliser pour défendre une filière agricole ancrée dans les territoires et porteuse d’avenir. La Confédération paysanne restera vigilante sur toutes les actions potentiellement abusives de la part des pouvoirs publics.

OGM/NTG Non à la guerre totalitaire contre le vivant

Le 19 mai prochain, le Parlement européen aurait dû délibérer sur une déréglementation des OGM, autorisant les manipulations génétiques pour modifier profondément le génome d’une plante (jusqu’à vingt modifications génétiques) et la dissémination de la plupart de ces plantes en plein champ.

La Coopérative semencière Graine de Liberté vous invite à les rejoindre le 12 mai à Plougoulm aux côtés des faucheuses et faucheurs volontaires d’OGM

Trilogue sur la proposition de règlement relatif à commercialisation du matériel de reproduction des végétaux

Priorités et modifications visant à aligner les règles de l’UE relatives aux MRV sur les droits des paysan.ne.s sur les semences

La Coordination européenne Via Campesina (ECVC) est une organisation faîtière représentant les petit.e.s et moyen.ne.s paysan.ne.s et les travailleur.euse.s agricoles à travers l’Europe. Le renouvellement de l’agrobiodiversité et la gestion dynamique du matériel de reproduction des végétaux (MRV) par les agriculteur.rice.s est une condition essentielle du modèle agricole agroécologique que nous défendons, et est également indispensable pour des systèmes agricoles résilients face aux changements climatiques et aux maladies. La mise en œuvre des droits collectifs des agriculteur.rice.s sur les semences, et en particulier le droit d’utiliser, de réutiliser et d’échanger leurs semences, est une condition préalable pour y parvenir.

Le nouveau règlement sur la commercialisation du MRV est une opportunité pour l’UE de mettre en œuvre ces droits. Toutefois, ECVC estime que la proposition de nouveau règlement MRV constitue un recul important pour les droits et les pratiques des agriculteur.rice.s qui sont déjà reconnus (ou non réglementés) dans de nombreux États membres.


Vous trouverez ci-dessous les principales priorités, recommandations et propositions d’amendements pour le trilogue en cours sur les MRV. Les amendements qui vont au-delà des positions de la Commission, du Parlement et du Conseil sont mis en évidence en vert. Ces ajouts visent à préserver la souplesse des directives actuelles, qui permettent d’adapter la transposition dans les législations nationales aux contextes agricoles et culturels de chaque État membre de l’UE

>Lire le document de positionnement de la Coordination européenne Via Campesina

Facturation électronique obligatoire, c’est non !

La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyens d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale et de signer des pétitions déjà déposées.

Pétition de Madeleine RIVERON

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le regardent sans rien faire. » Albert Einstein

Le 25 mars 2024, Gabriel Attal, 1er ministre, et Bruno Lemaire, ministre des finances, ont publié avec le Conseil d’Etat le décret n° 2024-266, « relatif à la généralisation de la facturation électronique dans les transactions entre assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée et à la transmission des données de transaction ».

Nous entrepreneurs, et nous clients, n’avons pas été consultés sur ce sujet majeur, dont les conséquences éthiques et concrètes sont pourtant de la plus haute importance. Nous demandons que l’obligation de la facturation électronique et de l’adhésion à une plateforme agrée par l’Etat ainsi que leurs conséquences soient :
1. portée à la connaissance du grand public et fasse l’objet d’un débat donnant un temps de parole égal aux défenseurs et aux détracteurs de la facturation électronique
2. soumise au vote des parlementaires

Voici notre point de vue d’entrepreneur et quelques arguments en défaveur de la facturation électronique :

– l’Etat assume d’utiliser cet outil pour renforcer le contrôle et dissuader la fraude, notamment la fraude à la TVA. Or, plus on ajoute de procédures aux entreprises, plus le travail au noir délesté d’administratif devient tentant. Par ailleurs, les grosses entreprises avec des moyens de conseils et d’optimisation fiscale auront toujours les moyens de contourner cette loi. Cette mesure est contre-productive et inefficace pour lutter contre la fraude.

– E-invoicing: la collecte de données via le format FacturX est un entrisme de plus dans la vie privée des entreprises. L’identité de nos clients pros (via le siret), et le détail de nos échanges, n’a pas à être porté à la connaissance du FISC. Seul le montant global des transactions pour prélever l’impôt lui revient. Nous refusons de devenir les agents de renseignements du FISC pour nos fournisseurs et nos clients.

– E-reporting : le report sur les plateformes des ventes aux particuliers est exactement identique à la déclaration URSSAF : ce décret ne simplifie rien : il crée un doublon. L’argument de simplification est nul et non-avenu.

– A l’heure où les affaires de piratages de données française défrayent hebdomadairement la chronique, ce nouveau pas dans la numérisation entraines des risques réels et est contraire à la prudence la plus élémentaire.

– L’importante consommation d’eau engendrée par le tout numérique est difficilement compatible avec la défense d’un projet écologique.

– Nos impôts payent le salaire des contrôleurs fiscaux. Or, avec ce décret, l’Etat délègue une partie de ce contrôle via l’outil de ce contrôle à des plateformes privées, sans pour autant baisser l’impôt.

– Certaines de ces plateformes engendrent un coût supplémentaire pour les entreprises, que les petites structures ne peuvent plus absorber. Nous ne sommes pas les vaches à lait d’un Etat qui dilapide notre argent chèrement gagné.

– Certaines plateformes nécessitent une formation payante, parfois financée d’office par le CPF. C’est un détournement du CPF. Le CPF a pour but  » de contribuer, à l’initiative de la personne elle-même, au maintien de l’employabilité et à la sécurisation du parcours professionnel. » (source travail-emploi.gouv). Où est dans ce cas « l’initiative de la personne elle même »? Le CPF n’a pas à payer notre mise en conformité à des normes que nous n’avons pas voulue.

– Enfin, les discussions entre professionnels révèlent de nombreux impensés dans ce système qui rendent manifeste la déconnexion complète de cette mesure avec le quotidien des entrepreneurs (fournisseurs non professionnels, achats d’occasion, vente en ligne avec des versements des plateformes de e-shop non corrélés avec les factures émises par lesdites plateformes du fait des frais, complication pour toutes les petites ventes de marché, sans compter les erreurs de paiement des clients, les remises post-facture pour compenser ces étourderies etc…)

Pour finir, cette mesure imposée sans notre consentement et sans débat présente plus d’inconvénients que d’avantages et nous emmène dans un système de surveillance que nous ne cautionnons pas.
Si l’Etat veut lutter contre la fraude, qu’il le fasse avec ses effectifs payés par nous, pas avec des plateformes privées ni en collectant au passage des données qui ne le concerne pas.
Nous demandons simplement de pouvoir travailler au lieu de passer 25% de notre semaine à faire de l’administratif.

Une simple vendeuse de cartes postales

Signez la pétition en ligne ICI sur le site de l’Assemblée nationale

NGT : la souveraineté semencière de l’agriculture française et européenne

Question de : M. Benoît Biteau Charente-Maritime (2e circonscription) – Écologiste et Social Publication de la question au Journal Officiel du 31 mars 2026

M. Benoît Biteau interroge Mme la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la souveraineté semencière de l’agriculture française et européenne. En décembre 2025, un accord a été trouvé en trilogue concernant les NGT qui, d’après le jugement de la Cour de justice de l’UE du 25 juillet 2018, sont et resteront des organismes génétiquement modifiés (OGM). Malgré ce rendu de la CJUE, cet accord prévoit pourtant des mesures facultatives, telles qu’un code de conduite non contraignant pour l’octroi de licences et des dispositifs de transparence volontaire, donc non obligatoire. Il assimile aussi des plantes potentiellement brevetables issues de NTG, à des plantes obtenues par sélection traditionnelle, tout en supprimant l’obligation de publication des méthodes de détection et d’identification. Cette évolution est susceptible d’étendre la portée des brevets à des semences ou produits agricoles contenant naturellement des caractères similaires. Le texte prévoit également une déréglementation de ces OGM sans garanties suffisantes en matière de transparence, de traçabilité, d’étiquetage, de coexistence des filières, ni possibilité pour les États membres de recourir à une clause de sauvegarde, y compris pour préserver l’agriculture biologique. Si une interdiction des NTG 1 et 2 est prévu en bio, l’absence de traçabilité et d’étiquetage fragiliserait la confiance et le droit fondamental des consommateurs à savoir ce qu’ils mangent. Les exploitations agricoles seront rendues dépendantes des entreprises multinationales CORTEVA, BAYER et LIMAGRAIN, puisque ce sont elles qui développent des plantes issues de NTGs et qui les brevètent. L’écrasante majorité des petits semenciers européens et notamment les 70 semenciers français ne tireront aucun bénéfice économique de la future déréglementation, elles risqueront même des poursuites abusives si elles reproduisent de manière fortuite des traits brevetés. Par conséquent, les questions suivantes se posent. Le Gouvernement assume-t-il les conséquences de la contamination inévitable et irréversible des ressources génétiques locales et anciennes, pourtant porteuses d’espoirs dans l’adaptation au dérèglement climatique, ainsi que la contamination des filières biologiques, en contradiction avec les exigences réglementaires existantes ? Quelles mesures concrètes entend-il prendre pour empêcher une concentration accrue du marché des semences au profit des grands groupes pré-cités ? La France compte-t-elle s’opposer formellement à ce texte lors de son adoption ou choisit-elle d’en accompagner la mise en œuvre au détriment de ses agriculteurs et agricultrices ? Plus largement, le Gouvernement considère-t-il acceptable que le droit de ressemer, sélectionner et échanger des semences devienne dépendant de droits de propriété industrielle ? Il souhaite connaître sa position à ce sujet.

>Voir la publication sur le site de l’Assemblée Nationale