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BIOTOPE on a GAGNE !!!

COMMUNIQUE DE PRESSE
BIOTOPE DES MONTAGNES / PRELE DES CHAMPS /PROCES EN APPEL/ RELAXE LE 2 FEVRIER 2007

!!!!!!!!!!!!!!!!!ON A GAGNE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

RAPPEL des FAITS

La SICA Biotope des Montagnes rassemble une quinzaine de petits producteurs de plantes mĂ©dicinales des montagnes françaises qui commercialisent ensembles depuis 1985, avec succĂšs et bonheur, dans le rĂ©seau des boutiques bio et diĂ©tĂ©tiques une gamme d’une cinquantaine de tisanes, d’aromates, d’huiles essentielles, d’eaux florales et de cosmĂ©tiques.
CondamnĂ©s en novembre 2005 pour avoir vendu de la PrĂȘle des champs en boutique diĂ©tĂ©tique, nous avons Ă©tĂ© relaxĂ©s en Appel le 2 fĂ©vrier 2007.
Cette victoire est un pas encourageant vers la reconnaissance des droits à une certaine liberté de pratique des simples dans notre pays.

HISTORIQUE

2000 :
La RĂ©pression des Fraudes du Gard Ă  l’occasion d’un contrĂŽle Ă  Biotope, fait retirer de la vente et mettre sous scellĂ© le Millepertuis – Hypericumperforatum L.-, plante aromatisante (liste du Conseil de la CEE 1981), plante vulnĂ©raire traditionnelle et remĂšde anti dĂ©presseur reconnu (British Medical Journal, 2 septembre 2000)
Cette mesure s’appuie sur un avis dĂ©favorable Ă  l’utilisation du millepertuis en tant que complĂ©ment alimentaire que l’Agence Française pour la SĂ©curitĂ© Alimentaire (AFSSA) venait d’émettre quant Ă  l’utilisation de cette plante pour cause d’interaction nĂ©gative (1) avec certains mĂ©dicaments (2)

Biotope conserve le droit de vendre le millepertuis aux USA… oĂč la vente est toujours autorisĂ©e


2001 :

L’AFSSAPS (Agence française de SĂ©curitĂ© Sanitaire des Produits de SantĂ©) accorde une autorisation de mise sur le marchĂ© pour la spĂ©cialitĂ© PROCALMILÂź (extrait de Millepertuis) aux laboratoires ARKOPHARMA
Biotope comme toute la filiĂšre bio et diĂ©tĂ©tique française n’a toujours pas le droit de commercialiser librement le millepertuis (cela est toujours le cas en 2007). !!???
La RĂ©pression des Fraudes de la Manche prĂ©lĂšve des sachets de prĂȘle des champs en l’état - c’est-Ă -dire non transformĂ©e – vendus par Biotope dans un magasin de diĂ©tĂ©tique.

2002
La RĂ©pression des Fraudes du Gard contrĂŽle la SICA Biotope accompagnĂ©e d’un inspecteur de la pharmacie et constate la mise en vente sur le territoire national de 10 parties de plantes en l’état ou broyĂ©es dont “l’usage ne serait pas autorisĂ© en tant que denrĂ©e alimentaire”.

Ainsi, 10 plantes devraient ĂȘtre retirĂ©es de la gamme des 52 plantes sĂ©chĂ©es vendues en sachet par Biotope : l’achillĂ©e millefeuille, le bleuet, le bouleau, le buis, le framboisier, le fumeterre, le mĂ©lilot, la myrtille, la prĂȘle et le souci

Mr Jean Louis FINE, représentant de Biotope, demande un moratoire :

“La rĂ©glementation actuelle est confuse (
) D’ailleurs les pouvoirs publics, conscients de ces incohĂ©rences, ont entamĂ© un travail sur la rĂ©glementation des plantes (…).(3)
ConsidĂ©rant que les plantes incriminĂ©es (
) destinĂ©es Ă  l’infusion ou Ă  la dĂ©coction rĂ©pondent Ă  des attentes de plaisir et de bien-ĂȘtre et peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour donner de la saveur, de l’arĂŽme, sans nuire Ă  la santĂ© des consommateurs, nous ne comprenons pas pourquoi elles feraient l’objet d’une interdiction. (
)
C’est la raison pour laquelle, dans l’attente d’une nouvelle rĂ©glementation qui devrait confirmer l’absence de danger de nos produits dans l’alimentation,
Nous vous demandons l’application d’un moratoire. Il y va de notre survie et de celle de nombreux petits producteurs”.-

Cette demande n’a jusqu ‘à ce jour pas suscitĂ© de rĂ©ponse…

La DGCCRF du Gard transmet le dossier Ă  Madame le Procureur de la RĂ©publique prĂšs du Tribunal de Grande Instance d’AlĂšs avec rappel de la lĂ©gislation sur le monopole de la pharmacopĂ©e et ajoute :
“Ces 10 denrĂ©es Ă©taient falsifiĂ©es car utilisĂ©es de maniĂšre illicite.
Pour pouvoir ĂȘtre licitement commercialisĂ©es en dehors du circuit pharmaceutique elles auraient du faire l’objet d’une autorisation de mise sur le marchĂ© selon la procĂ©dure prĂ©vue par le rĂšglement CE 258 du 27 janvier 1997.”(4)

Octobre 2005

Comparution de Jean Louis FINE et de la SICA Biotope au Tribunal correctionnel de NĂźmes le 7 octobre 2005, pour « avoir exposĂ©, mis en vente et vendu des denrĂ©es agricoles Ă  destination de l’alimentation humaine qu’ils savaient falsifiĂ©es, corrompues et toxiques, en l’espĂšce de la PrĂȘle »
L’audience s’est dĂ©roulĂ©e dans une ambiance de suspicion et de manque d’intĂ©rĂȘt pour l’affaire malgrĂ© un plaidoyer argumentĂ© et trĂšs documentĂ© de Me Isabelle. ROBARD, donnant l’ensemble des Ă©lĂ©ments techniques et juridiques pouvant justifier une relaxe sans difficultĂ©. De nombreux avis d’experts ont pu dĂ©montrer l’incongruitĂ© des accusations.

Un soutien important a Ă©tĂ© apportĂ© Ă  Biotope aussi bien par des professionnels que des consommateurs de France, de Belgique ou de Suisse. Ce mouvement de solidaritĂ© a permis de faire face autant au coĂ»t financier qu’à l’énorme travail de construction du dossier de dĂ©fense

Novembre 2005 :

Surprise : condamnation “Infraction : exposition ou vente de denrĂ©e alimentaire, boisson ou produit agricole falsifiĂ©, corrompu ou toxique.
Jean-Louis FINE est condamnĂ© Ă  2000 euros d’amende avec sursis - Biotope Ă  3000 Euros d’amende ferme -PossibilitĂ© de remise de 10% en cas de rĂšglement rapide
”

La condamnation par ce tribunal a été motivée par le soi disant non respect de la loi européenne sur les nouveaux aliments de 1997.
La prĂȘle Ă©tant une plante de cueillette, le juge estimait qu’elle ne pouvait bĂ©nĂ©ficier de l’article 1 paragraphe ” 2e ” de ce texte ” (
) Ă  l’exception des aliments ou des ingrĂ©dients alimentaires obtenus par des pratiques de multiplication et de reproduction traditionnelle et dont les antĂ©cĂ©dents sont sĂ»rs en ce qui concerne l’utilisation en tant que denrĂ©es alimentaires. “(5)
Les plantes de cueillette, obtenues sans multiplication ni reproduction, seraient des aliments nouveaux !!!????

Biotope fait appel

décembre 2006

Nouvelle comparution le 15 dĂ©cembre devant la Cour d’Appel de NĂźmes.
Une cinquantaine de producteurs et amis étaient présents. Biotope et son avocate Me Isabelle.
ROBARD ont apporté une série de documents supplémentaires pour la demande de reconsidération du verdict de novembre 2005 :

* Des courriers Ă©mis par les services juridiques europĂ©ens santĂ© et consommateurs, donnant une interprĂ©tation correcte de ce rĂšglement confirmant notamment que les plantes sauvages -y compris de cueillette- utilisĂ©es en tant qu’aliment - ne serait-ce que dans 1 dĂ©partement d’un pays europĂ©en ne sont pas concernĂ©es par cette loi sur les nouveaux aliments.

* Des attestations d’autres producteurs et revendeurs de tisanes, aromates, purins, etc. (France et autres pays europĂ©ens) commercialisant la prĂȘle des champs, en toute libertĂ©.

* Des tĂ©moignages de scientifiques attestant de l’innocuitĂ© de la prĂȘle.

* Plus de 10.000 signatures pour la libre vente et usage de la PrĂȘle des
champs (Equisetum arvense L.) et des savoirs populaires.

Contrairement Ă  la premiĂšre comparution, le prĂ©sident de la Cour d’appel et l’avocat GĂ©nĂ©ral Ă©taient intĂ©ressĂ©s par la problĂ©matique.

Par contre la rĂ©pression des fraudes n’a pas jugĂ© nĂ©cessaire d’assister Ă  la comparution.

FÉVRIER 2007 :

Le 2 fĂ©vrier, le verdict de l’appel libĂšre Biotope et son responsable Jean Louis FINE de tout soupçon de dĂ©lit, ce qui clĂŽture - pour le moment - ce long combat pour la survie de la coopĂ©rative.
BIOTOPE et Jean Louis FINE sont relaxés

Biotope et son responsable ont ainsi - persuadĂ©s de leur bon droit - dĂ©fendu depuis six ans non seulement leur existence propre mais Ă©galement la survie de toute une partie de la filiĂšre. Un nouveau dĂ©part est possible grĂące aux nombreuses personnes qui les ont soutenus dans la lutte pour cette profession ancestrale et pour la libertĂ© des consommateurs d’acheter ces plantes bios auprĂšs des paysans. Qu’ils en soient remerciĂ©s !

CONCLUSION

Cette relaxe montre le dysfonctionnement des services de la RĂ©pression des fraudes.dans une pĂ©riode de notre histoire oĂč nous sommes submergĂ©s par les rĂšglements, normes et autorisations Ă©laborĂ©es pour (et par ? la quasi-totalitĂ© des experts de l’AFSSA par exemple dĂ©pendent directement de quelques grands groupes agro alimentaires
) les industriels de l’alimentation, de l’agrochimie et de la pharmacie

Les dĂ©marches et les dossiers requis pour ces autorisations participe d’un mode de civilisation de type industriel, la plupart du temps relativement inadaptĂ© Ă  un mode de production ou de transformation Ă©cologique. Leur lourdeur et leur coĂ»t sont tels que leur dĂ©veloppement actuel et attendu devient un handicap insurmontable pour les petits producteurs, et qu’il les entraĂźne Ă  terme, de fait, vers l’illĂ©galitĂ© ou la disparition.

Il est inadmissible que la RĂ©pression des Fraudes devienne l’instrument des plus forts, mettant en insĂ©curitĂ© juridique des gens qui travaillent en toute bonne foi.
Ce procÚs est un exemple typique de la mise en accusation sans aucune concertation ou possibilité de discussion ce qui en démocratie est inquiétant.
La relaxe prononcĂ©e confirme que Biotope et son reprĂ©sentant avaient bien interprĂ©tĂ© le rĂšglement UE et une concertation aurait trĂšs largement Ă©vitĂ© tout ce gĂąchis d’énergie et d’argent public et privĂ©.

Le souhait de ces petits producteurs est que la RĂ©pression des Fraudes soit - comme d’autres services Ă©quivalents en Europe - axĂ©e non pas sur la Concurrence, la RĂ©pression et les Fraudes mais devienne un interlocuteur privilĂ©giĂ© (pour toutes les entreprises n’ayant pas les moyens techniques ou financiers pour se payer des services juridiques) servant d’interface entre les consommateurs, les actifs, les professionnels et le lĂ©gislateur.
Ce service qui fonctionne de maniĂšre “ bĂȘte et mĂ©chante “ selon les propres termes utilisĂ©s par l’inspecteur qui Ă©tait venu Ă  Biotope, serait bien inspirĂ© de dĂ©velopper une pratique “intelligente et concertĂ©e”.

Cette relaxe montre aussi Ă  notre sens un autre dysfonctionnement, celui de la Justice, qui dans la mĂȘme Cour d’Appel, et pour un problĂšme de fond similaire (dĂ©fense du patrimoine et des intĂ©rĂȘts populaires en l’espĂšce des semences anciennes paysannes) a lourdement condamnĂ© quelques jours avant Biotope l’association de sauvegarde des semences traditionnelles KOKOPELLI.

Cette affaire montre une fois de plus qu’il est urgent de redonner un statut aux “simples”, plantes traditionnelles à usages multiples.
En effet, il n’existe pas Ă  ce jour de statut lĂ©gal clair pour ces espĂšces qui sont Ă  la fois des remĂšdes, aliments, cosmĂ©tiques et/ou plantes phytosanitaires…. L’énergie du plus grand nombre doit maintenant s’affirmer pour aboutir Ă  la possibilitĂ© aux producteurs de donner les vertus les plus courantes aux plantes appartenant aux savoirs populaires, patrimoine de l’humanitĂ© en dehors de quelque monopole que ce soit.
Les producteurs du syndicat SIMPLES (Syndicat Intermassifs pour la Production et L’Économie des Simples), ainsi que de nombreux ethnobotanistes et scientifiques et consommateurs ont d’ores et dĂ©jĂ  créé un collectif “POPULUS”(6) qui se travaille Ă  proposer des solutions adĂ©quates aux pouvoirs publics (construction d’un corpus de rĂ©fĂ©rence : ouvrage site Internet pour le grand public, rĂ©habilitation du diplĂŽme et du mĂ©tier d’herboriste).
La situation actuelle oĂč le dĂ©ficit de la SĂ©curitĂ© Sociale incite nos gouvernants Ă  prĂŽner l’automĂ©dication, et le dĂ©ficit de personnes compĂ©tentes reconnues pour dĂ©livrer les simples devrait en thĂ©orie permettre d’accueillir favorablement ce travail.
Si toutefois les multinationales cessent de se rendre ridicules en inquiétant les paysans de BIOTOPE ou de KOKOPELLI qui ne font que perpétuer des traditions ancestrales salutaires pour tous.

Communiqué BIOTOPE / LA PENSEE SAUVAGE

NOTES :

(1) Des chercheurs amĂ©ricains (financĂ©s par la firme Pfizer -qui commercialise l’antidĂ©presseur Zoloft Âź -) avaient effectuĂ© des Ă©tudes sur cette interaction. et publiĂ© leurs rĂ©sultats dans la revue mĂ©dicale The Lancet fĂ©vrier 2000 (355 : 547-8, & 355 : 548-9),)

(2) anticoagulants, vitamine K, cyclosporone, antirétroviraux, digoxine, théophylline, contraceptifs oraux et antidépresseurs IRS (antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine).

(3)La PharmacopĂ©e française est en rĂ©vision. La liste des plantes pouvant ĂȘtre vendues par d’autres personnes que des pharmaciens ou des herboristes Ă©galement. Un projet d’arrĂȘtĂ© et de dĂ©cret est proposĂ© par l’AFSSAPS propose de libĂ©rer 145 plantes inscrites Ă  la pharmacopĂ©e contre 34 actuellement (dĂ©cret de 1979, articles L-4211-1 & D-4211-11 du Code la SantĂ© Publique).

(4)La SICA Biotope commercialise ces plantes depuis 1985, c’est-à-dire
15 ans avant l’application française de ce rĂšglement, Ă  la satisfaction de milliers de consommateurs et ceci conformĂ©ment Ă  la loi Française qui autorise Ă  la vente directe toute plante inscrite Ă  la pharmacopĂ©e mais ” non strictement mĂ©dicinale ” ce qui est le cas de la prĂȘle et des autres espĂšces incriminĂ©es qui ont de multiples autres usages que thĂ©rapeutiques

(5)RĂšglement (CE) N° 258/97 du parlement europĂ©en et du conseil du 27 janvier 1997 (J.O.C.E. du 14-02-1997) relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrĂ©dients alimentaires.Ce rĂšglement concerne des aliments ” : a) contenant des O.G.M. (
) - b) Ă  partir d’O.G.M. (
) - c) structure molĂ©culaire primaire nouvelle ou dĂ©libĂ©rĂ©ment modifiĂ©e - d) composĂ©s de micro-organismes, champignons, ou algues ou isolĂ©s Ă  partir de ceux-ci - e) voir exception ci-aprĂšs : Ă  l’exception des aliments ou des ingrĂ©dients alimentaires obtenus par des pratiques de multiplication et de reproduction traditionnelle et dont les antĂ©cĂ©dents sont sĂ»rs en ce qui concerne l’utilisation en tant que denrĂ©es alimentaires- f) dont le procĂ©dĂ© de production entraĂźne (
) des modifications significatives de leur valeur nutritive, de leur mĂ©tabolisme ou de leur teneur en substances indĂ©sirables.

(6) Populus est un collectif indĂ©pendant de citoyens et d’organismes (experts, utilisateurs et professionnels) qui travaille Ă  la reconnaissance de la mĂ©decine traditionnelle des simples et Ă  la validation de ses remĂšdes usuels en France (site internet en construction :

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